« Je suis indécent par ma décence ». A la fois timide et séducteur, poète et provocateur, « l’homme à la tête de chou » s’est imposé comme une figure incontournable de la chanson française. Incontournable par son talent, par sa personnalité ou par le personnage qui en a jailli : Gainsbarre. Et Gainsbourg plaît autant que Gainsbarre choque. Artiste dans l’âme, il a su se mêler à toutes les tendances, à dénicher les mélodies les plus justes. Epoque yéyé, influence funk, un peu de pop, de rock, initiation au reggae : Serge Gainsbourg c’est tout ça. Une mélange détonnant d’inspiration, de travail et d’extravagance.
Avec un père pianiste de jazz, féru de peinture, le petit Lucien Ginsburg de son vrai nom, ne pouvait pas manquer la voie paternelle. Ses parents, des immigrés russes, se sont installés à Paris en 1917 et ont élevé leurs trois enfants dans cette ambiance un peu bohème des familles où la chanson s’invite à chaque repas.
Né le 2 avril 1928, Lucien a 18 ans quand il commence à jouer lui aussi du piano dans les bars. Mais sa véritable passion reste encore la peinture : étudiant aux Beaux-arts, il travaille d’arrache-pied pour réussir un véritable chef d’œuvre. Le sien. Eternel insatisfait de son travail pictural, il délaisse peu à peu les pinceaux au profit des partitions musicales.
